Comment utiliser le compresseur dans vos mix

Comment utiliser le compresseur dans vos mix

Table des matières

Parmi les outils de base d'une session de mixage, le compresseur est très présent!

Mais globalement, à quoi ça sert?  Voyons voir!

Définition d'un compresseur

D'amblée, un compresseur sert à contrôler la gamme dynamique (dynamic range) d'une piste audio.  La quoi?  Voyez l'image ci-dessous.

Le RMS (Root Mean Square) est le voltage moyen des signaux électriques sur une période de temps pré-déterminé.  Je parle en chinois?  Je me reprends afin de mieux vulgariser!

Une piste audio génére des ondes comme ça.

De ce fait, les ondes sont mesurées par leur amplitude dans une période de temps.  Je ne m'étirai pas sur le sujet, mais le RMS est au final le niveau moyen de volume pour toute la durée de votre piste!  J'espère que c'est plus clair!  Ouf!

Par la suite, le Peak (Crête) désigne le moment le plus fort en terme de volume dans la piste audio.  On met ça ensemble : la gamme dynamique sera l'écart dans le RMS et la Crête d'un instrument, d'une voix ou d'un simple son!

Exemple : Un RMS à -19 dB et un Peak à -4dB donnera une gamme dynamique de 15 dB!

Quel intérêt, ce compresseur?

Dans l'oreille, le tympan est la partie sur lequel résonne le son et est transmis au cerveau.  Quand un son arrive au tympan, il "s'étire" pour pouvoir accomplir sa tâche.

Dans l'ensemble, l'oreille est comme un élastique.  Elle va s'épuiser si elle est trop souvent sollicitée.

Donc, le compresseur va aider à donner un son plus constant.  En réduisant les crêtes, l'écoute en sera plus favorable.

Le compresseur fait sonner plus fort! (Not...)

Le mythe le plus courant sur le compresseur est que ça rend le son plus fort.  Pas nécessairement!  Comme on réduit la gamme dynamique, l'écart entre RMS et Peak sera moindre.

Donc, le volume moyen donnera l'impression d'être plus élevé.

Oui, compresser ses pistes va rendre les sons plus riches et punchés, mais pas d'une façon excessive.  Tout reste une questions de volume!

Les fonctions du compresseur

  • Seuil (Threshold) : Le seuil sera la ligne auquel le compresseur va agir.  Donc, plus le seuil est bas, plus le son sera compressé souvent.

  • Ratio : C'est l'entrée vs la sortie.  Donc avec un ratio de 3:1, 3 dB va entrer et 1 va en sortir.  Des ratios bas (2:1) vont donner un peu plus "d'épaisseur" alors qu'un ratio élevé (4:1 en montant) va donner du punch.

  • Attaque : Vitesse à laquelle le compresseur va agir.

  • Relâche : Vitesse à laquelle le compresseur va revenir à son point de départ.

  • Knee : Genou en bon français!  La raison est que plus on monte l'intensité du knee, plus la courbe de compression va ressembler à un genou!  Mais ça va venir "addoucir" la compression.  Recommandé pour la voix et le paino, mais pas pour les instruments percussifs.

  • Gain reduction : Ce sera le nombre de dB perdus après la compression.  1 à 3 dB de réduction est bien en mastering.  3 à 6 dB de réduction est quand il y a beaucoup de peaks.  Au delà de 6dB, ce sera très compressé et le son en sera dénaturé.

  • Make up gain: Compensation des dB perdus.

Comment dois-je utiliser cet outil?

L'usage d'un compresseur reste une affaire très personnelle.  Toutefois, je peux donner quelques recommandations :

  1. Prioriser les attaques lentes (30 ms si minimum).  La raison est que la compression peut tuer la musique!  À utiliser avec précaution.  Si vous avez beaucoup de crêtes, tournez-vous vers une attaque rapide.

  2. Presque toujours une relâche lente (400 ms).  Si la relâche est trop rapide, ça va donner un effet de pompage!  Donc à moins que c'est ce que vous recherchez, une relâche lente fera l'affaire.

  3. Make up gain est à utiliser avec vos oreilles!  Écoutez l'ensemble de votre mix afin de mieux doser

  4. La compression n'est pas toujours obligatoire.  Mais basse-voix-batterie reste toujours un bon point de départ.  Mais ça dépend de la gamme dynamique!

Avoir un mix punché avec la compression parallèle

Parmi toutes les techniques de base du mixage, la compression fait partie de celle-ci. Tandis que la balance de volume reste primordiale, il se peut que vous ayez de la difficulté à faire sortir vos basses fréquences davantage.

Alors, que faites-vous? Vous utilisez la compression. Des fois, le problème se règle. D’autres fois, ça peut engendrer des conséquences, notamment pour les hautes fréquences qui peuvent sonner moins fortes ou encore le headroom qui peut diminuer encore plus. Personne ne veut de distortion numérique dans son mix, n’est-ce pas?

Donc, quoi faire? Une technique est régulièrement utilisée en mixage et en mastering et c’est la compression parallèle. À la fin de cet article, vous saurez comment vous en servir et surtout comment elle peut améliorer vos mix sur plusieurs aspects.

Qu’est-ce que c’est?

Donc, comment est née la compression parallèle? Une des premières fois que le terme a été abordé est vers les années 70 par Bob Katz, ingénieur de son et de mastering américain.

Il a notamment gagné 3 Grammys pour les albums de The Words of Ganghi, Portraits of Cuba et Olga Viva Via Olga. Il a aussi écrit le livre Mastering Audio : The Art and the Science.

Fait intéressant : la compression parallèle est aussi appellée »New York compression » car elle a été très propulaire chez les ingénieurs de son de New York.

Comme son nom l’indique, ce sera une compression qui se fera parallèlement à la piste initiale.

La piste compressée sera ensuite mélangée à la piste de départ pour avoir un mélange de sons originaux avec une forte compression plus punchée. En une image, ça ressemble à ça.

Pourquoi faire une compression parallèle?

La grande question! Le résultat d’une compression parallèle va servir à accentuer les basses fréquences.

Tout ça sans toucher à la piste initiale qui sonne déjà bien. Au final, le mix final va sonner plus fort et plus punché, mais avec une écoute tout aussi agréable. Le meilleur des 2 mondes!

Quand est-ce que vous pouvez vous servir de la compression parallèle?

L’usage est le plus commun est lors du mastering pour justement augmenter le corps et la puissance sonore. C’est le but du mastering, non?

Pour la batterie, la compression parallèle est bonne pour augmenter la présence et le côté lourd de l’instrument. Je m’en sers régulièrement pour la grosse caisse et les toms (ou l’ensemble de la batterie aussi).

Le dernier usage moins commun est sur toute autre piste comme la basse, le piano et le chant.

Les réglages recommandés

En une image, je recommande d’avoir une compression parallèle qui ressemble à ça.

Comme vous voyez, c’est une piste à part qui est bien souvent un duplicata de la piste originale.

Pour régler le compresseur, on va utiliser une attaque rapide pour que la compression soit rapidement appliqué (soit 0,10 ms).

Pour la relâche, elle doit être moyenne (autour de 200 ms) car sinon, ça va créer un effet de pompage qui va sonner trop articifiel.

Pour le ratio, si vous recherchez un son plus naturel, de 1,5:1 à 2:1 est très bon. Si vous voulez augmenter le ratio, vous pouvez le faire. Le son va être plus agressif, mais plus dénaturé.

Pour le seuil (threshold), vous allez le manier jusqu’à temps d’avoir entre 15 et 20 dB de réduction de gain. Un truc : mettez en boucle le moment le plus fort de la chanson pour être sûr que le gain reduction soit plus représentatif.

Par la suite, maniez le fader de la piste compressée pour avoir un équilibre entre le son original et le son compressé. Et voilà comment appliquer la compression parallèle!

En avons-nous toujours de besoin?

Je parle en bien de la compression parallèle depuis le début et c’est vrai que c’est fantastique. Mais est-ce que doit être toujours utilisé? Pas nécessairement.

Ça dépend du résultat de l’enregistrement de vos pistes, mais aussi du style musical.

Par exemple, si vous composez de la musique classique ou du jazz, la compression est très peu utilisée.

Par contre, si vous êtes dans un style où le low-end est très présent (comme le rock, pop, rap ou EDM), à ce moment-là, c’est bon d’utiliser la compression parallèle pour avoir du punch.

Maintenant, voici le résultat avec la compression parallèle.

Subtile mais pas mal, non? L’impression est que ça sonne plus fort, mais les basses sont beaucoup plus présentes.

Donc, la comp parallèle...

La compression parallèle est une technique de mixage/mastering les plus répandue parmi les techniciens de mixage. Elle est très utile pour avoir du punch et de la puissance dans un mix en plus d’être très simple à appliquer.

Pas besoin de l’utiliser en permanence, mais elle peut certainement aider à avoir de meilleurs mix.

Faire de la compression en side-chain

La compression side-chain est une compression activée par le niveau d’un autre instrument ou d’un son. (Trigger)

Elle est principalement utilisée en musique électronique pour un effet de ducking.

Ducking : Technique qui atténue temporairement le volume d’une piste lorsqu’une autre est présente.

Ex. : La musique qui baisse de volume quand le DJ parle.

Décortiquons le terme

Side-chain compression est un terme écourté pour Side signal chain compression.

Side = À côté. Différent de l’entrée audio.

Signal chain = Équipement qui modifie un signal audio (ex. : EQ).

Le side chain est comme avoir quelqu’un à côté de nous qui nous dit quoi faire et quand le faire. Trigger!

Utilisations les plus communes

Basse et Kick

Overheads et caisse claire

Guitares et voix

2 pistes qui se battent pour la même fréquence

Conclusion

Et voilà!  C'était ce que j'avais à vous présenter!  Si vous avez encore des questionnements sur le compresseur, ses fonctions ou autres, écrivez-les moi ci-dessous.

En même temps, je veux vous demander quel genre d'utilisation vous faites avec le compresseur?  Quand?  Pourquoi?  Quelle force?  Écrivez-moi tout ça!