Je sais que ça va sonner vraiment direct pis un peu cru, mais j’m’en crisse pas mal de ton gear pis de tes plugins. Ouais, j’vais être franc comme ça. Pis je sais que ça sonne un peu impoli, ce que je dis là … mais c’est exactement le genre de pensée qui m’est venue quand je me concentrais surtout sur l’aide que j’apportais aux producteurs et aux compositeurs — pas juste sur ma musique perso.
C’était, disons, dans mon époque de ComposerSimplement, pour ceux qui l’ont connue.
Pis t’sais quoi? J’ai rien contre le fait que t’aimes ton gear. Quelqu’un qui s’achète des instruments virtuels pis des plugins, ça me montre qu’y tripe musique, pis ça, j’respecte. Mais ce qui m’intéresse vraiment, c’est le résultat final :
👉 Comment l’instrument s’intègre dans ta musique.
👉 Comment ton mix est monté.
👉 Comment tu racontes quelque chose à travers ton son.
C’est ça qui m’accroche. Pas le plugin que t’as utilisé.
Si tu produis déjà pour des clients, j’vais te le dire tout de suite : les clients aussi s’en crissent de ton gear pis de tes plugins. Peut-être même plus que moi.
C’est rare qu’un client va te demander ce que t’utilises comme plugin, à moins que ce soit un geek ou un audiophile. Ce qu’ils vont te demander, c’est :
– “Peux-tu faire sonner ça comme tel artiste?”
– “Peux-tu rendre mon refrain plus épique?”
– “Tu peux-tu me rajouter des cordes à la Hans Zimmer?”
Ils vont se préoccuper de la destination, pas du chemin que tu prends pour t’y rendre.
Avoir trop de gear pis de plugins, ironiquement, ça va te rendre moins productif. C’est le fameux paradoxe du choix. Plus t’as d’options, plus t’hésites, plus tu prends de temps à décider.
Moi, j’ai déjà plein de compresseurs, de reverbs, de delays… mais dans 95 % des cas, j’utilise toujours les mêmes. Parce que je les connais. Je sais comment ils réagissent. Pis je sais quel genre de résultat je vais avoir avec.
Connaître ton gear pis le maîtriser, ça devrait rester ta priorité #1.
Pose-toi ces deux questions quand tu travailles :
– Quand j’utilise cet outil-là ?
– Pourquoi je l’utilise comme ça?
Juste ça, ça va te limiter dans tes choix pis te sauver une tonne de fatigue mentale. T’auras moins de décisions à prendre, pis tu vas juste faire de la musique.
Acheter du gear ou des plugins, c’est correct. Mais commence par comprendre la mécanique derrière le plugin avant d’investir là -dedans.
Commence par utiliser les stock plugins dans ta DAW. Ils sont souvent bien plus puissants que tu penses.
Si tu veux investir dans des plugins, fais-le pour les bonnes raisons :
– Parce qu’ils ont des fonctionnalités qui rendent ton processus plus fluide
– Parce qu’ils t’aident à être plus créatif
– Parce qu’ils te font gagner du temps, pas juste parce qu’ils sont “cool”
Si tu dois prioriser, je te dirais :
Mets ton cash en premier dans les banques de sons, les samples packs pis les instruments virtuels.
Mais là aussi, fais-le juste si t’as une intention claire.
Exemple perso :
Quand j’ai fait mon défi de musique style Bloodborne, je cherchais des chœurs capables de chanter des phrases en latin. J’trouvais que ça fittait parfaitement avec le style gothique-horreur du jeu.
Même si j’aime beaucoup Epic Choirs de Spitfire Audio, il avait pas ce genre de fonction-là .
Fait que je me suis tourné vers Requiem Pro, qui avait justement un phrase builder. Ça m’a permis de vraiment construire quelque chose de plus fort, plus défini.
L’immense majorité du monde s’en câlisse de ton gear pis de tes plugins.
À moins que ce soit des nerds finis de prod comme toi pis moi, ce qu’ils veulent entendre, c’est ta chanson. Le résultat. L’émotion. L’impact.
Si tu commences à m’étaler toute ta collection de gear, y’a de bonnes chances que je te coupe sec pis que je te dise :
“Fais-moi entendre ce que t’as fait.”
Et là , la vraie question : Est-ce que t’as quelque chose dont t’es fier?
Parce qu’au final, c’est ça qui compte.