Quand j’ai commencé mes cours de production audio, c’était tout nouveau pour moi! Je ne savais même pas comment faire un mix quant venait le temps de travailler sur un DAW pour la première fois.
Autant dans mes cours qu’en consultant des forums, j’ai pu voir comment le mixage était un art. On veut faire quelque chose de bon et professionnel. Mais faire un bon mix, c’est quoi?
Le mieux serait de rester le plus simple et avec les bases. C'est pour ça que j'ai décidé de vous présenter les 6 étapes de base pour faire un bon mix.
Vous avez déjà essayé de mixer une session à 30 pistes avec des tracks un peu partout et de la même couleur?
Organisez vos pistes en les regroupant en donnant à chaque piste ou groupe de piste une couleur différente et dépendant des instruments (drums, guitare, SFX, basse, voix, etc.), vous pouvez utiliser des groupes/bus pour les regrouper et contrôler le volume avec un seul fader.
Organisez vos pistes dans l’ordre dans lequel vous allez les mixer. En général, je commence par mixer la batterie, puis j’y ajoute la basse, puis les guitares, puis les samples/synthés, puis le chant en dernier.
Quand je compose de la musique orchestrale, je commence par les cordes. L'important est que ça aille une couleur différente et regroupés séparément parce que sinon, ça va être mélangeant.
C’est la base. Aucune piste ne doit être trop forte ou trop faible. Chaque instrument/partie a sa place dans un mix.
Commencer par boucler la chanson complète et prenez quelques minutes pour écouter la chanson et simplement régler les volumes.
NE TOUCHEZ À RIEN D’AUTRE QUE LES FADERS.
La balance de volume représente près de 90% du mix.Attention à garder du volume disponible (headroom) sur votre sortie stéréo (au moins de 3 à 6 dB question de passer au mastering).
Sinon, toutes vos pistes vont s’empiler dans votre master fader (sortie stéréo). Si vous envoyez trop de volume dans le master, il va clipper. Résultat: une jolie distortion numérique. À ÉVITER. La distortion sonne vraiment dégueulasse.
Une astuce pour éviter la distortion et de simplement penser à toujours baisser les faders au lieu d’ajouter du volume. Par exemple, si vous n’entendez pas la guitare, au lieu de pousser la guitare, baissez le reste de par exemple 3 dB.
Vous libèrerez du volume sur votre master et vous éloignerez du risque de distortion.
La réponse en fréquence de l’oreille humaine est logarithmique et non linéaire.
On judge la hauteur d’un son en octaves et non par ajout égal de fréquences.
Quand nous écoutons un bruit blanc, son niveau nous semble augmenter de 3 dB par octave
.
Une distribution plus "humaine" de l'énergie est obtenue quand nous filtrons le bruit blanc de manière à ce qu'il perde 3 dB par octave (en montant).
Chaque octave contient la même quantité d'énergie que la suivante. Le son est donc naturellement "équilibré".
Le bruit rose contient plus de basses fréquences et est plus équilibrée quant à la courbe de Fletcher-Munson.
Quand on mixe avec du bruit rose en référence, les mids sont plus équilibrés et le low-end est plus facile à doser et à entendre. Un problème récurrent chez les ingénieurs en mix!
1-Réduire tous les faders à -infini.
2- Mettre un plugin de bruit rose sur le master
3- Ajuster l’input à -6dB pour laisser du headroom
4- Mettre une piste en solo
5-Monter le fader jusqu’à entendre légèrement le son
6 - Répéter le processus en mentant toujours les pistes en solo une à une
Un bon mix a du punch et de la clarté. Trop de compression et le mix sonne plat et fatiguant car il n’y a pas de dynamique. Pas assez de compression et la voix peut se perdre dans le mix et la batterie manquer de punch.
Utilisez la compression pour gérer la dynamique de certaines pistes, ajouter du punch et homogénéiser le volume des pistes.
Au minimum, compresser batterie, basse et chant suffit pour donner un paquet de punch et de force à la chanson. Compresser le reste n’est pas forcément indispensable.
Ça dépend des pistes et ça dépend de vos goûts. À vous de voir. Compressez le chant pour homogénéiser le volume et de rendre tous les mots clairs et audibles.
Faites attention car trop de compression ressortir les imperfections de la voix (ex. : les sapements, respirations et autre bruits de bouche désagréable).
Attention à ne pas noyer le mix dans trop de reverb! Dans un bon mix, il y a juste ce qu’il faut pour donner un peu de profondeur au chant et lier les instruments ensemble.
L’espace sonore est cohérent et pas censé être envahissant. Ajoutez de la reverb et delay pour ajouter de la profondeur au mix, mais surtout n’en faites pas trop.
Trop de reverb risque de rendre le mix sourd et vous allez perdre en clarté. En plus, ça sonne amateur. Pas assez de reverb et ça sonnera trop sec et brut.
Faire un panning des pistes tout en gardant un certain équilibre pour la balance stéréo. Rendez votre mix dynamique en automatisant certains changements de volume, le placement stéréo, certains effets, etc…
Si vous ajoutez d’autres effets, n’en faites surtout pas trop, mais assurez-vous que chaque refrain ou couplet sonne différemment du précédent et ajoute quelque chose au morceau.
Parfois, une simple boucle. Ou un effet que vous n’avez pas encore utilisé comme un metalizer, un chorus, un flanger, etc.
Rendez le mix intéressant, mais surtout, il ne faut pas distraire l’auditeur avec un effet mal dosé ou qui n’a rien à faire là. Soyez subtil.
Style musical
Tous les styles ne se mixent pas de la même manière. Chacun a son focus sur des éléments précis.
Ex. : EDM se concentre sur le Kick et la basse. Les trailers focusent sur les percussions, les cuivres et les cordes.
Qu’est-ce qui doit attirer l’attention dans votre mix? Écoutez et listez 1 à 3 choses.
Qualité des fichiers audio
En d’autres mots, la qualité et le traitement qu’ils ont, le nettoyage.
Ex. : Loop de batterie vs un musicien enregistré en studio.
L’enregistrement reste une fondation pour le reste des étapes de la production.
À tenir compte quand on mixe
Vous ne pouvez pas ajouter au mix ce qui n’est pas déjà dans le fichier et ce, même dans les meilleurs plugins au monde.
Ex. : Un chanteur qui manque de justesse qui a bedoin de pitch correction.
Mais vous pouvez la faire sonner mieux!
Le travail d’un technicien en mixage est de faire sortir le meilleur de chaque piste.
Ce qui fait la musique dans son ensemble
Qu’est-ce que vous pouvez dire sur le mix?
Possède-t-il 50 pistes différentes ou juste 4-5?
Est-il fait de 100% de sons virtuels ou d’enregistrements live?
On prend en compte les pistes que l’on possède et on se concentre sur comment en faire une chanson.
Ex. Si les pistes sont toutes virtuelles, le travail de nettoyage sera moins présent. Ou une balance de volume avec, un peu d’EQ et de reverb si c’est un duo piano/voix.
Histoire (vibe)
C’est une chanson triste et lente? Un mix chaud et intime.
Rapide et énergique? Un mix bright, ouvert et large.
Quel est le sujet des paroles?
Comprendre l’émotion et l’intention derrière le morceau et faciliter les décisions et vous allez savori sur quoi vous enligner.
Vous verrez que j’ai abordé la question du mastering.
Mais faire du mastering peut s’avérer plutôt couteux (un technicien en mastering charge en moyenne 300$ par chanson!). Mais bien sûr, grâce à la technologie des home-studios, il est désormais possible de faire ça à la maison.
Mastering est un mot anglais qui signifie « matriçage ». Donc, ça rapporte à la matrice.

Non euh… pas ce genre de matrice…
La matrice, en mastering, signifie que ce sera la mémoire qui sera imprimée dans les CDs et autres objets qui contiennent les chansons.
Mais comme les CDs disparaissent, il se trouve que la mémoire sera obtenue en MP3 qui sera publiée en chanson pour être écoutée.
Donc, le mastering est la dernière étape avant la mise en marché de la musique. Son importance sera capitale car elle donnera un son beaucoup plus professionnel à vos morceaux.
Voilà la question! L’idée préconçue veut qu’il suffit de monter le volume de vos pièces et ce sera meilleure! Il y a quelques années, la loudness war faisait rage.
Autrement dit, plus votre musique était forte, meilleure elle était!
Mais bon, ce n’est plus trop le cas aujourd’hui.
Une fois que vous avez fini votre chanson, il est temps de l’exporter du DAW! Optez pour une exportation fichier wav 24 bits avec 48 KHz.
Meilleure la qualité de votre chanson est, mieux ce sera car à la fin, vous compresserez en MP3, ce qui fera perdre de la qualité sonore.
Création d’une nouvelle session et comparaison
Créez-vous une nouvelle session de DAW et importez seulement votre chanson.
Ensuite, dépendant du style que vous avez composé, importez une chanson de référence.
Cette dernière peut être n’importe quoi dans le même genre.
Ensuite, faites un comparatif de votre chanson avec les morceaux de référence. Analysez brièvement…
Niveau du son, clarté, compression, etc…
Mais généralement, concentrez-vous sur le volume des pièces car ce sera l’enjeu principal vers la fin.
EQ soustractif
Vous vous rappelez du débat sur l’ordre de l’EQ et du compresseur?
J’y parle notamment d’EQ soustractif et d’EQ additif. C’est le moment de mettre ça en pratique.
Tout d’abord, l’EQ soustractif : il suffit d’enlever les fréquences gênantes. Prenez un HPF pour enlever les basses Ça donnera ça.
Ensuite, utiliser la technique du balayage pour voir les fréquences qui achalent! Ça devrait ressembler à ça.
Une fois les fréquences trouvées, diminuez légèrement. En temps normal, 2 fréquences diminuées devraient suffire.
P.S. : En mixage, vous pouvez diminuer de 3 dB facilement.
Mais en mastering, comme il y a beaucoup plus de fréquences à cause des pistes combinées, évitez de diminuer plus de 1 dB.
Ça changera étonnement le résultat!

Après l’EQ soustractif vient la compression. Mais cette fois, ce sera une légère compression car on ne veut pas trop scrapper la chanson d’origine!
Donc, mettez-vous un ratio de 1.5 : 1 avec une attaque lente (30 millisecondes voire plus) et compressez en visant 2 dB de réduction de gain. Évitez aussi le make-up.
Parallèlement à ça, il n'est pas rare de voir la compression parallèle utilisée en mastering.
Elle va écraser encore plus un doublon de la piste et vous n'aurez à ajuster le fader pour avoir un meilleur équilibre.
Il va y avoir plus de punch et de puissance.

Une fois les corrections apportées, c’est le temps de limiter la chanson.
Le limiteur est un compresseur à la puissance mille! Il est très fort et doit être utilisé avec précaution!
Donc, mettez le output à -0.5 (pour rester hors du 0, toujours important!) et augmenter le input jusqu’à temps d’avoir plus ou moins 2 dB de réduction de gain.

À ce point, fiez-vous au volume de vos morceaux de référence.
Ça vous donnera une idée de comment votre chanson doit être forte! Si jamais votre chanson n’est toujours pas forte même dépassé 4 dB, placez un autre limiteur et répétez le processus jusqu’à temps d’avoir un volume correct.
Je peux aussi ajouter que si vous voulez optimiser votre morceau pour les plateformes de streaming, vous pouvez utiliser un plugin de loudness comme Youlean.
Allez chercher de -15 à -13 LUFS comme Integrated. Ça va coller aux standards des Spotify et cie.
Exportez votre pistes masterisée et voilà!
Voilà quelques conseils pour faire un bon mix. J’espère vous avoir aidé un minimum! En suivant ces étapes, vous aurez un cadre dans lequel travailler.
C’est en gros la façon dont je travaille quand je mixe et suivre ces étapes me permet d’être efficace, de ne pas perdre de temps et de faire un bon mix à tous les coups.
Ça demande une écoute attentive, de maîtriser égalisation, compression et les autres plugins de votre DAW, de l’organisation et un peu de bon sens. Vous pouvez le faire avec de la pratique!
Pour le reste, mon cours Mixage complet en un après-midi est disponible pour vous!